Tête de Lauranoure par la voie normale : topo complet de l’ascension
La voie normale s’élève depuis le refuge de l’Alpe du Pin en F à AD.
- Suivre le sentier balisé jusqu’au panneau Tour du Grand Cond vers 2200 m.
- Remonter le glacier du Pierroux jusqu’au premier ressaut rocheux visible.
- Franchir le verrou rocheux, passage clé après 300 m de terrain végétal.
- Prévoir une corde de 50 m pour les rappels du versant nord.
- Descente par 1 rappel de 50 m depuis le sommet, puis vires cairnées.
- Repérer la sente dans la prairie la veille pour gagner du temps au matin.
Itinéraire de l’ascension : points de passage et description détaillée
- Départ du refuge de l’Alpe du Pin : suivre le sentier balisé au-dessus du refuge, direction le panneau Lauranoure.
- Panneau Tour du Grand Cond : vers 2200 m, un gros cairn marque la sortie du sentier ; repérer la sente dans la prairie.
- Sente cairns vers le panneau Glacier : quitter le sentier principal sur la gauche, suivre les cairns dans la prairie jusqu’au panneau Glacier.
- Remontée du glacier du Pierroux : progresser sur le glacier jusqu’au premier ressaut rocheux, visible vers 2300 m.
- Traversée végétative : franchir environ 300 m de terrain terreux et végétal avant d’atteindre le verrou rocheux, passage clé de la montée.
- Descente versant nord : depuis le sommet, redescendre par les vires du versant nord jusqu’au verrou rocheux, équipé d’1 rappel de 50 m.
- Retour par vires et cairns : suivre les vires et cairns jusqu’au point IGN 2423, puis rejoindre le sentier d’approche sur environ 1,7 km.
- Dalles rocheuses finales : au retour, franchir les dalles du glacier du Pierroux par 1 à 2 rappels de 20 m.
La première ascension de la Grande Tête de Loranoure a été réalisée le 5 août 1879 par Carbonnier et Pierre Gaspard père et fils, comme pour la Dent du Géant dont la voie normale est aussi une classique. Le point de départ se fait depuis le refuge de l’Alpe du Pin, accessible après une étape qui permet d’ailleurs de scinder la course en deux journées. Le sommet, bien que reculé, offre un panorama remarquable sur l’Aiguille du Plat de la Selle et la vallée du Vénéon, à l’image des pistes de VTT descente à Métabief qui varient selon le niveau. Un repérage de la sente dans la prairie la veille est vivement conseillé pour ne pas perdre de temps au petit matin.
Matériel nécessaire et cotations pour la voie normale

| Équipement | Utilisation | Cotation |
|---|---|---|
| Corde de 50 m | Rappels du verrou et dalles | |
| Friends taille moyenne | Protection sur les arêtes | IV max |
| Dégaines | Relais et courte escalade | |
| Casque | Éboulis et gendarmes |
La voie normale de la Tête de Lauranoure se cote F à AD en alpinisme rocheux et F à PD+ pour la partie neige/glace/mixte. Les passages d’escalade sur l’arête atteignent du IV sur quelques longueurs. C’est une course engagée mais accessible à un alpiniste intermédiaire bien encadré.
Points clés sur le matériel
La corde de 50 m est le standard recommandé : elle suffit pour le 1 rappel de 50 m du verrou rocheux en descente, ainsi que pour les 1 à 2 rappels de 20 m nécessaires sur les dalles rocheuses du glacier du Pierroux. Un rappel de 20 m supplémentaire permet de rejoindre la brèche sur l’arête est.
Pour la protection, emportez des friends de taille moyenne et quelques dégaines : le rocher est honnête mais ne comporte pas d’équipement fixe. Prévoyez des gants de rappel pour ne pas vous brûler les mains sur les cordes, et un casque pour vous protéger des chutes de pierres dans les couloirs.
Comme la course est longue, le repérage de la veille est un vrai plus : localisez le panneau Tour du Grand Cond vers 2200 m et le premier ressaut à 2300 m. Un sac léger, de l’eau en quantité suffisante et de bonnes chaussures d’approche feront la différence pour profiter de ce sommet magnifique et reculé des Écrins.
Retours d’expérience et conseils pratiques sur la course
Témoignages de pratiquants sur la voie normale
- Sommet reculé mais magnifique des Écrins
- Rocher honnête pour les courses à l’écart des voies encombrées
- Vue sur l’Aiguille du Plat de la Selle et la vallée du Vénéon
- Course longue scindable avec étape au refuge de l’Alpe du Pin
Les pratiquants décrivent unanimement une course d’alpinisme authentique qui se distingue par son caractère sauvage. Contrairement aux itinéraires très fréquentés du massif, la Tête de Lauranoure offre un rocher honnête où l’engagement reste modéré mais réel. Le sommet, perché à l’écart des sentiers battus, récompense l’effort par une vue exceptionnelle sur l’Aiguille du Plat de la Selle, les Écrins et la vallée du Vénéon. Plusieurs témoignages soulignent que le cadre grandiose compense largement la longueur de l’approche.
Conseils pratiques pour réussir l’ascension
Le début de saison est à privilégier : la neige résiduelle facilite la progression dans les pentes raides et rend les passages d’éboulis plus stables. En été, ces mêmes terrains deviennent des éboulis instables qui compliquent la marche et augmentent le risque de glissade. Il est impératif de bien évaluer les conditions avant de s’engager.
Un repérage la veille du départ est vivement conseillé. Depuis le refuge de l’Alpe du Pin, observez attentivement le début de l’approche dans la prairie : repérer les cairns depuis le confort du refuge vous évitera une errance frustrante au petit matin. La descente du glacier du Pierroux requiert également toute votre attention, notamment pour localiser le point IGN 2423 et les cairns qui balisent le retour.
Prévoyez une étape au refuge de l’Alpe du Pin pour scinder la course en deux jours. Cette option permet de partir reposé et de profiter pleinement du sommet. Enfin, consultez la météo avec soin : les conditions orageuses sont fréquentes en après-midi dans les Écrins, et un départ matinal reste la meilleure garantie de réussite.
Variantes et itinéraires associés à la Tête de Lauranoure
Traversée intégrale des arêtes du Pierroux
Pour les alpinistes cherchant à prolonger l’engagement après la voie normale, la traversée intégrale des arêtes du Pierroux constitue une option de choix. Cet itinéraire relie la crête du Pierroux au sommet central de la Tête de Lauranoure en enchaînant les arêtes est et ouest. La course s’allonge considérablement et demande une lecture fine du terrain, mais elle offre une continuité logique dans un environnement minéral d’exception, à l’écart des circuits fréquentés.
- Crête du Pierroux variante d’accès depuis la cabane refuge, prolonge l’approche
- Rappel de 20 m sur plateforme avant la brèche pour franchir un ressaut
- Verrou rocheux passage clé de la traversée, identique à la voie normale
La traversée requiert une corde de 50 m et un bagage d’alpinisme solide. Le repérage du début d’approche dans la prairie, dès la veille, s’avère tout aussi déterminant que pour la voie normale, car les cairns se fondent dans le relief.
Itinéraires d’escalade sur les arêtes est et ouest
L’arête est du sommet central offre une succession de gendarmes cotés IV, tandis que l’arête ouest constitue un itinéraire complémentaire pour varier les difficultés. Ces variantes prolongent la course et s’adressent aux alpinistes recherchant un engagement plus soutenu que la voie normale.
Le rocher, qualifié d’honnête par les pratiquants, demande une certaine expérience du terrain de haute montagne. La cotation globale de ces arêtes s’échelonne de F à AD en rocher, avec des passages ponctuels en IV qui nécessitent l’usage de quelques dégaines et de friends de taille moyenne pour le réassurage.
En descente, le versant nord se reprend par des vires jusqu’au verrou rocheux, franchi en 1 rappel de 50 m. Les dalles rocheuses du glacier du Pierroux se négocient ensuite en 1 à 2 rappels de 20 m, dans la continuité des difficultés de la voie normale. Le repérage du point IGN 2423 facilite l’orientation sur cette portion délicate.
Remarques sur les conditions et la meilleure période
La meilleure période se situe en début de saison, lorsque le névé persistant facilite la progression et stabilise les éboulis. Passé ce stade, le terrain devient plus technique et fatigant, surtout sur la traversée végétative et terreuse de 300 m qui précède les ressauts rocheux.
Le repérage de la veille est vivement conseillé : le départ dans la prairie se fait discrètement, depuis le panneau Tour du Grand Cond vers 2200 m. Un gros cairn matérialise l’entrée du sentier. En descente, utilisez le point IGN 2423 pour retrouver les cairns du glacier du Pierroux.
Le sommet est reculé mais magnifique, offrant des vues exceptionnelles sur l’Aiguille du Plat de la Selle et la vallée du Vénéon. La course étant longue, prévoyez une étape au refuge de l’Alpe du Pin pour scinder l’effort en deux jours.
