States of Elevation : le défi fou de Kilian Jornet, 72 sommets en 31 jours

Kilian Jornet a relié les 72 sommets de plus de 4 267 m des États-Unis.

  • 5 145 km parcourus, dont 4 133 km à vélo.
  • 123 045 m de dénivelé positif cumulés.
  • 31 jours d’effort entre Longs Peak et Mont Rainier.
  • 56 ascensions réalisées dans le seul Colorado.
  • 488 h 52 min de mouvement, avec 5 nuits blanches.

Le récit du projet States of Elevation : 72 sommets en 31 jours

Le déroulement chronologique de l’expédition

L’aventure démarre au Longs Peak, dans le Colorado, avec un objectif clair : relier les 72 sommets de plus de 4 267 mètres des États-Unis, uniquement à pied et à vélo. Ce projet d’envergure mobilise Kilian Jornet pendant 31 jours d’effort ininterrompu, sans assistance motorisée. Il parcourt six États Colorado, Nouveau-Mexique, Arizona, Californie, Oregon et Washington le long d’une ligne imaginaire tracée entre le Longs Peak et le Mont Rainier.

Le rythme est soutenu : dans le Colorado, les journées dépassent régulièrement 16 heures d’effort. Kilian enchaîne les sommets, cumulant 56 ascensions dans le seul Colorado, avant de rejoindre la Californie à vélo sur plus de 1 400 kilomètres. L’expédition s’achève le 3 octobre au sommet du Mont Rainier, après une dernière ascension technique dans un environnement glaciaire exigeant.

L’héritage des projets Pyrénées et Alpes

States of Elevation s’inscrit dans la continuité de deux défis majeurs : le projet Pyrénées en 2023 et le projet Alpes en 2024. Ces expéditions ont permis à Kilian Jornet de perfectionner sa méthode de liaison entre sommets, combinant déplacements à vélo et ascensions à pied. L’objectif reste identique : explorer les limites du corps humain tout en mettant en lumière la fragilité des écosystèmes de haute altitude, un thème cher au coureur de 37 ans.

Ce nouveau défi repousse encore les limites. Avec 5 145 km parcourus au total dont 4 133 km à vélo et 1 011 km à pied et 123 045 mètres de dénivelé positif, States of Elevation représente l’expédition la plus ambitieuse de sa carrière. Kilian Jornet y consacre 488 h 52 min de mouvement, avec une moyenne de sommeil limitée à 6 h 10 min par nuit et cinq nuits blanches.

Les chiffres clés : 5 145 km, 123 045 m D+, 31 jours

kilian jornet états unis
Indicateur Valeur finale Détail clé
Sommets gravis 72 Tous au-dessus de 4 267 m
Distance totale 5 145 km 4 133 km à vélo, 1 011 km à pied
Dénivelé positif total 123 045 m Équivalent à près de 14 Everest
Temps en mouvement 488 h 52 min Soit plus de 20 jours non-stop
Durée totale 31 jours Du Longs Peak au Mont Rainier
Sommeil moyen 6 h 10 min / nuit 5 nuits blanches au total
Charge d’entraînement 9 559 TL vs 141 TL en référence annuelle

Ces chiffres donnent le vertige, mais ils racontent surtout une histoire d’endurance hors norme. Pour mettre ces valeurs en perspective, les 17 jours d’affilée avec un score de récupération à 0 % illustrent l’état de fatigue extrême dans lequel Kilian Jornet a évolué, tout en maintenant une moyenne de 544 de charge d’entraînement quotidienne sur les trois premiers jours, contre 141 en année de référence. La répartition des efforts mérite aussi toute votre attention. Les 56 sommets du Colorado ont concentré l’essentiel de l’ascension, avec des journées dépassant régulièrement 16 heures d’effort. Le passage en Californie a ensuite imposé 1 400 km à vélo avant d’attaquer les sommets de l’Ouest, jusqu’à l’ultime ascension du Mont Rainier, atteinte après 3 700 km et 71 sommets déjà validés.

Pour les amateurs de repères concrets, sachez que le dénivelé total de 123 045 mètres représente environ quatorze fois l’Everest, gravis à une altitude minimale de 4 267 mètres, là où l’oxygène se fait rare. Le tout en autonomie totale, sans assistance motorisée, avec pour seul équipage un vélo et une paire de chaussures de trail.

L’itinéraire détaillé : Colorado, Californie, Washington

Le périple suit une ligne imaginaire entre le Longs Peak et le Mont Rainier, traversant six États : Colorado, Nouveau-Mexique, Arizona, Californie, Oregon et Washington. La première étape, la plus dense, se concentre sur le Colorado avec 56 sommets gravis, dont le redoutable enchaînement du Nolan’s 14. Kilian Jornet évolue ensuite en autonomie totale, sur des terrains qui exigent une lecture fine du terrain et une adaptation permanente.

Après ce bloc montagneux, place au voyage : 1 400 km à vélo pour rejoindre la Californie. Là, le projet bascule vers de nouveaux défis comme le Norman’s 13 et l’ascension du Mont Whitney. La traversée se poursuit par l’Oregon, où l’étape « Desert Ride » impose 1 450 km et 10 000 m de dénivelé positif en cinq jours. La dernière ligne droite mène enfin au Washington et à son sommet glaciaire.

Cet itinéraire de 5 145 km totalise 123 045 mètres de dénivelé positif, répartis entre 4 133 km à vélo et 1 011 km à pied. Chaque portion du trajet a été pensée pour relier les 72 sommets de plus de 4 267 m sans jamais recourir à un moteur.

Les défis physiques et mentaux de l’expédition

Ce projet ne s’apparente pas à une simple succession de courses en montagne. Il s’agit d’une pression physique et mentale continue qui a poussé le corps de Kilian Jornet dans ses derniers retranchements. Pour appréhender l’ampleur de l’effort, il faut observer la charge quotidienne et les conditions de récupération.

  • Journées de 15-16 h d’effort : un rythme soutenu dès le départ dans le Colorado, où les journées dépassent régulièrement 16 h.
  • 17 jours à 0 % de récupération : le score de récupération est resté nul pendant 17 jours d’affilée, signe d’une fatigue extrême.
  • 5 nuits blanches : le sommeil moyen de 6 h 10 min par nuit n’a pas suffi à compenser la charge, avec des nuits entièrement sans sommeil.
  • Charge d’entraînement écrasante : la charge quotidienne moyenne des 3 premiers jours atteint 544, contre une base annuelle de référence fixée à 141.

L’altitude et l’isolement comme facteurs aggravants

L’altitude de 4 267 mètres (14 000 pieds) a été franchie à 72 reprises, exposant l’organisme à une oxygénation raréfiée qui sollicite intensément le système cardiovasculaire. Sur l’étape « Desert Ride », le corps a dû encaisser 10 000 mètres de dénivelé positif en seulement 5 jours, soit l’équivalent d’un Everest accumulé.

L’aspect le plus déroutant reste l’autonomie totale : aucun repère externe, aucun chrono officiel, aucune assistance motorisée. Kilian Jornet a dû gérer seul la navigation, l’alimentation et la gestion du sommeil, dans des conditions météorologiques parfois violentes (orages, vents puissants, neige fraîche).

Cette solitude, couplée à l’incertitude de l’issue, constitue un défi mental aussi exigeant que l’effort physique. Le corps a tenu, mais la tête a dû trouver des ressources insoupçonnées pour maintenir la motivation jusqu’au sommet du Mont Rainier.

Pour prolonger la visite

L’exploit de Kilian Jornet sur le Mont Blanc reste une référence : son record de 2013 a tenu jusqu’à ce que d’autres athlètes repoussent la marque. Pour comprendre cette quête de vitesse, l’historique des chronologies depuis 1874 montre une progression constante.

Le périple de Kilian Jornet mêle vélo et ascensions, une autre façon de rouler existe : les pistes de VTT descente à Métabief offrent une variété de tracés adaptés à tous les niveaux, du débutant au cycliste expérimenté. Chaque piste a ses propres caractéristiques et défis, pour une expérience enrichissante. La station propose aussi une gamme de VTT à la location selon votre pratique, et des cours avec un moniteur aident à progresser.

L’engagement environnemental du projet

À travers ce défi sportif, Kilian Jornet a donné une dimension supplémentaire à son projet en mobilisant sa fondation. La Kilian Jornet Foundation a organisé 4 événements Running Minds et 2 journées de restauration de sentiers le long du parcours, impliquant plus de 500 personnes à travers plusieurs États. L’objectif : sensibiliser les communautés locales à la fragilité des écosystèmes d’altitude.

Des actions concrètes ont permis aux participants de découvrir les enjeux environnementaux spécifiques aux montagnes américaines. Ces rendez-vous, ouverts à tous, ont créé un lien direct entre la performance sportive et la protection des territoires traversés. Le dernier événement a ainsi rassemblé 200 participants attendus pour une course dédiée à la préservation des sentiers, illustrant la volonté de Kilian Jornet de laisser une empreinte positive au-delà de l’exploit sportif.

L’ascension finale du Mont Rainier

Après avoir parcouru plus de 3 700 km et gravi 71 sommets, Kilian Jornet attaque la dernière étape : le Mont Rainier. Cette ascension de 4 392 mètres est l’une des plus techniques du projet, avec un environnement glaciaire exigeant et une météo capricieuse. La neige fraîche tombée les jours précédents rend la progression incertaine, mais le sommet doit être atteint pour boucler la boucle.

Cette ascension finale symbolise l’aboutissement d’un défi hors normes. Malgré la fatigue accumulée, Jornet atteint le sommet et redescend sans encombres, ouvrant la voie vers les 72 sommets tant convoités. L’exploit s’achève à 23h30, après 31 jours d’effort ininterrompu, avec un temps total en mouvement de 488 h 52 min. Un projet qui restera comme l’un des plus grands défis d’endurance en montagne.




Auteur/autrice

  • J'adore voyagé et tout particulièrement montagne, été comme hiver.