K2 Chasing Shadows : le documentaire sur le record de Benjamin Védrines
K2 Chasing Shadows est disponible en vidéo à la demande sur MUBI et au Cratère.
- 66 minutes : durée du documentaire immersif.
- David Arnaud et Hugo Clouzeau signent la réalisation.
- The North Face en assure la production.
- GoPro embarquée : images filmées par Védrines lui-même.
- Parapente : descente spectaculaire captée par drone.
- Record : 10h59min59s sans oxygène au K2.
L’exploit de Benjamin Védrines au K2 en 10h59min59s
Le 28 juillet 2024, l’alpiniste français Benjamin Védrines a marqué l’histoire de l’alpinisme en gravissant le K2 deuxième plus haut sommet du monde avec ses 8 611 mètres en 10 heures 59 minutes 59 secondes, un exploit retracé dans le documentaire sur le K2. Un temps record qui n’a jamais été approché, atteint sans oxygène ni assistance, dans un style pur et engagé.
Cet exploit repose sur une approche radicalement différente de l’alpinisme classique : un style rapide et technique, où chaque gramme de matériel est pesé. Védrines ne s’installe pas en camp de base avancé, il ne fixe pas de cordes sur des semaines. Il grimpe vite, léger, et redescend aussitôt. Cette philosophie, il l’a déjà appliquée avec succès sur d’autres sommets, mais le K2 représente un défi d’une autre ampleur, une approche que l’on retrouve dans le récit de randonnée buissonnière Passe ton bivouac d’abord.
- Record absolu : ascension en 10h59min59s depuis le camp de base
- 8 611 mètres : altitude du sommet, deuxième montagne la plus haute du monde
- Sans oxygène : aucune assistance respiratoire durant toute l’ascension
- Style rapide : approche légère, sans camps intermédiaires installés
- « Savage Mountain » : surnom donné à cette montagne réputée impitoyable
Le K2, surnommé la « montagne sauvage » ou la « montagne tueuse », est considéré comme le plus meurtrier des sommets de plus de 8 000 mètres. Son taux de mortalité avoisine les 20 % parmi les alpinistes tentant l’ascension. C’est dans ce contexte hostile que Védrines a réussi son pari, après une première tentative avortée en 2022 où il avait perdu connaissance en pleine ascension et dû être secouru. Ce précédent échec donne une dimension particulière à la réussite de 2024.
Analyse du film : réalisation, cinématographie et réception critique

Signé par David Arnaud et Hugo Clouzeau, K2 Chasing Shadows s’impose comme un objet cinématographique singulier. Produit par The North Face, le film dure 66 minutes et ne ressemble à aucun documentaire d’alpinisme classique. Loin des caméras externes qui filment de loin, l’équipe a choisi de plonger le spectateur dans l’effort brut, au plus près du corps et du souffle de l’athlète.
Une réalisation immersive entre GoPro et drone
Le principe est radical : Benjamin Védrines filme lui-même son ascension avec des caméras GoPro fixées sur son casque et ses bâtons de marche. Le résultat est un monologue introspectif brut, délivré face caméra à plus de 8 600 mètres d’altitude, en plein effort. Cette proximité inédite permet de vivre chaque respiration, chaque hésitation et chaque doute comme si l’on y était.
L’équipe technique renforce cette intensité : Marot, Montaz-Rosset en soutien, et Védrines lui-même à l’image. Le parapente, utilisé pour redescendre du sommet, offre des séquences spectaculaires filmées avec un système de drone en appui, y compris par tempête de neige. La musique, composée par Tristan Bres, accompagne ces images sans jamais les écraser.
Une réception critique très favorable
Les retours sont unanimes. France Inter qualifie le documentaire de « très réussi », saluant une approche sincère et immersive. Les séquences de parapente, elles, sont décrites comme du « grand cinéma » et les « plus fortes du film ». Cette authenticité touche aussi par sa vulnérabilité : ce huis clos filmé à 8 000 mètres d’altitude restitue à l’écran la « majesté et la terreur » du K2, cette montagne aussi belle que dangereuse.
Le film ne cherche pas à glorifier l’exploit, mais à en montrer les coulisses psychologiques. Un regard désarmant, qui explique largement l’accueil chaleureux du public comme des critiques spécialisées.
Où regarder K2 Chasing Shadows : diffusions et programmation
| Plateforme | Type d’accès | Détails de diffusion |
|---|---|---|
| YouTube | Accès libre | Visionnage gratuit et illimité |
| Festival What a Trip | Séances payantes | Jeudi 25 juin à 21h, vendredi 26 juin à 13h |
| Cinéma Le Cratère | Réservation en ligne | Projection à Toulouse |
La bonne nouvelle pour tous les amateurs d’alpinisme : K2 Chasing Shadows est disponible en accès libre sur YouTube. Le documentaire de 66 minutes peut donc être visionné gratuitement, sans abonnement ni inscription, directement depuis un navigateur ou l’application mobile. Cette mise à disposition en libre accès permet au plus grand nombre de découvrir l’exploit de Benjamin Védrines sans contrainte financière.
Pour ceux qui préfèrent l’expérience du grand écran, le film a également été programmé dans le cadre du festival What a Trip à Montpellier, un rendez-vous qui célèbre le cinéma d’aventure et de montagne. Deux séances ont été proposées au public : le jeudi 25 juin à 21h et le vendredi 26 juin à 13h. Le festival a marqué ses 10 ans lors de cette édition, avec une programmation soignée qui a inclus le documentaire.
Toujours dans le sud de la France, le cinéma Le Cratère à Toulouse a également diffusé le film avec un système de réservation en ligne. Ces projections en salle ont offert aux spectateurs une occasion unique : celle de voir les images du K2 dans des conditions optimales, sur grand écran avec un son immersif.
Lors du festival de Montpellier, la présence du co-réalisateur David Arnaud a constitué un moment fort. Le public a pu échanger directement avec lui après la projection, et découvrir les coulisses du tournage : les choix techniques pour la captation vidéo à 8 600 mètres d’altitude et les conditions extrêmes de réalisation, entre parapente et tempête de neige.
En complément du visionnage, ceux qui souhaitent approfondir l’histoire peuvent se tourner vers le livre de 255 pages consacré à l’ascension, publié par la maison d’édition Guérin, qui fêtait ses 30 ans lors de cette parution. Un bel objet pour prolonger l’émotion du film.
Portrait de Benjamin Védrines : le parcours d’un alpiniste hors norme
Un style d’ascension unique : rapidité et légèreté
Alpiniste français au style résolument rapide et technique, Benjamin Védrines se distingue par son approche minimaliste de la haute montagne. Il enchaîne les ascensions sans oxygène et à vitesse record, réduisant son équipement à l’essentiel pour gagner en mobilité. Cette philosophie de la légèreté lui permet d’évoluer sur des terrains extrêmes avec une aisance déconcertante, là où d’autres alpinistes optent pour des expéditions lourdes et longues.
Son record sur le Broad Peak, où il a cumulé l’ascension et un premier vol en parapente depuis le sommet, illustre parfaitement cette vision novatrice de l’alpinisme. Il repousse les limites de la discipline en combinant performance physique et liberté de mouvement.
Un palmarès exceptionnel avant le K2
Avant de marquer l’histoire sur le K2, Védrines s’était déjà fait un nom dans le cercle très fermé des alpinistes de haut niveau. En octobre, il signe une première éblouissante sur le Jannu Est (7 465 m), une face réputée parmi les plus difficiles de l’Himalaya. Son parcours est également marqué par une capacité rare à documenter ses propres exploits.
- Broad Peak : record d’ascension et premier vol en parapente depuis le sommet
- Jannu Est : première ascension éblouissante en octobre
- Livres : auteur de deux ouvrages consacrés à son exploit sur le K2
- Équipe : entouré de Sébastien Montaz-Rosset et Léo Viret pour ses projets majeurs
Ce palmarès impressionnant témoigne d’une maturité alpine précoce. Védrines ne se contente pas de gravir : il repense la manière d’aborder les géants de plus de 8 000 mètres, avec une exigence de rapidité qui réduit l’exposition aux dangers de la montagne. Une approche qui a trouvé son aboutissement dans la conquête du K2, mais qui s’ancre dans des années de pratique intensive et de préparation méticuleuse.
Les doutes et la dimension psychologique de l’ascension
Le documentaire offre bien plus qu’un simple récit d’exploit : il plonge au cœur du questionnement existentiel de l’alpiniste, qui se demande tout au long de l’ascension « pourquoi ? ». Son monologue introspectif, filmé dans des conditions extrêmes, révèle une palette d’émotions contradictoires la peur, l’excitation, la honte, la joie.
Védrines pleure au sommet, submergé par la tristesse : « tu peux pas aller plus haut ». France Inter qualifie le film de « séance de thérapie à 8 600 mètres », tant l’introspection y est brute et sincère. Ce huis clos filmé en altitude transforme la performance sportive en véritable confession intime, où chaque geste devient le reflet d’un état d’esprit fragile.
La caméra embarquée capture sans filtre les hésitations et les doutes qui précèdent chaque décision. Cette dimension psychologique rarement montrée à l’écran permet de comprendre ce qui pousse un homme à se dépasser, tout en offrant une expérience immersive et bouleversante au spectateur.
Les risques et dangers du K2 pour comprendre l’exploit
Surnommé la « montagne tueuse », le K2 est présenté dans le documentaire comme « sans doute le plus meurtrier des 8 000 ». Sa pente technique, ses séracs instables et ses conditions météorologiques imprévisibles ne laissent que peu de place à l’erreur.
Le film restitue cette tension à travers la tentative échouée de 2022, où Védrines perd connaissance en pleine ascension et doit être secouru. Ces images donnent la mesure du danger permanent : à plus de 8 000 mètres, chaque décision engage la survie. La « majesté et la terreur » de la montagne sont ainsi restituées à l’écran.
Ce récit renforce la profondeur du record de 2024. En gravissant les 8 611 mètres en 10h59min59s, l’alpiniste repousse les limites dans un environnement où l’issue aurait pu être fatale.
