Record Kilian Jornet Mont Blanc : 4h57, l’exploit qui a réécrit l’histoire
Kilian Jornet a battu le record du Mont Blanc en 4h57’40 » le 11 juillet 2013.
- 4h57’40 » en aller-retour Chamonix-Mont-Blanc.
- 3h33 pour l’ascension seule jusqu’au sommet.
- Record établi sur la voie des Grands Mulets (32 km).
- Ancien record de Pierre-André Gobet battu de 14 minutes.
- Mathéo Jacquemoud accompagnait Jornet ce jour-là.
- Départ à 4h46 de l’église de Chamonix.
Le record de 2013 : temps, date et conditions de l’exploit
| Élément clé | Donnée | Détail contextuel |
|---|---|---|
| Temps total | 4h57’40 » | Aller-retour Chamonix-Mont-Blanc |
| Date | 11 juillet 2013 | Départ à 4h46 de l’église de Chamonix |
| Ascension seule | 3h33 | De Chamonix au sommet à 4810 m |
| Itinéraire | Voie des Grands Mulets | Voie historique, 32 km et 3800 m de dénivelé |
| Conditions | Bonne neige | Glissades et course fluide sur l’arête |
| Partenaire | Mathéo Jacquemoud | Binôme d’entraînement présent ce jour-là |
Ce matin du 11 juillet 2013, Kilian Jornet s’élance de l’église Saint-Michel de Chamonix à 4h46. Objectif : battre le mythique record aller-retour détenu par Pierre-André Gobet depuis 5h11. Le ciel est dégagé, la neige est bonne, et le Catalan opte pour la voie des Grands Mulets, l’itinéraire historique qui passe par le refuge du même nom puis le refuge Vallot.
L’ascension est fulgurante : il atteint le sommet à 4810 m en seulement 3h33, soit près d’une heure de mieux que le tempo de Gobet. Jornet alterne course à pied sur les sentiers, glissades sur les névés et passages techniques sur l’arête finale, sans jamais forcer l’allure.
La descente se déroule dans des conditions idéales, lui permettant de boucler le retour à l’église en 4h57’40 ». Le record tombe avec 14 minutes d’avance sur la marque de 1990, un écart considérable à ce niveau d’exigence. Ce jour-là, il est accompagné de Mathéo Jacquemoud, lui-même futur détenteur du record à ski, qui témoignera de la maîtrise impressionnante du Catalan dans les descentes glissées.
Comparaison avec les autres records d’ascension

| Athlète | Discipline | Temps aller-retour | Année |
|---|---|---|---|
| Pierre-André Gobet | À pied | 5h11 | 1990 |
| Mathéo Jacquemoud | Ski-alpinisme | 5h06 | 2013 |
| Kilian Jornet | À pied | 4h57’40 » | 2013 |
| Hillary Gerardi | À pied (féminin) | 7h25 | 2023 |
| Elise Poncet | Ski (féminin) | 6h54’47 » | 2025 |
| Védrines & Equy | Ski-alpinisme | 4h41’24 » | 2026 |
Pour mesurer l’ampleur de l’exploit de Kilian Jornet, il faut le replacer dans l’histoire récente du Mont-Blanc, tout en gardant à l’esprit les contraintes d’accès comme les dates de fermeture du tunnel. Le précédent record à pied était détenu par Pierre-André Gobet avec un temps de 5h11 établi en 1990. En signant 4h57’40 », Jornet a donc repris 14 minutes à un chrono qui tenait depuis 23 ans une marge considérable à ce niveau de performance.
Côté ski-alpinisme, Mathéo Jacquemoud avait établi la référence à 5h06 la même année, puis à 5h15 en montée-descente. La performance de Jornet à pied s’avère plus rapide que les records à ski de l’époque, un fait remarquable qui alimente encore les débats entre disciplines.
La nouvelle référence : Védrines et Equy repoussent les limites
Le record de Jornet a tenu jusqu’à ce que Benjamin Védrines et Léo Equy repoussent la marque à 4h41’24 » à ski. Kilian Jornet a lui-même salué la performance : « Bravo ! Enorme perf ». Cette progression continue illustre la fascination que ce chrono mythique exerce sur les générations suivantes, à l’image de l’engouement pour la randonnée au mont Pelat dans le Mercantour. Côté féminin, les temps de référence progressent aussi : 6h52’01 » pour Lorna Bonnel en ski et 7h25 pour Hillary Gerardi à pied, tandis que d’autres itinéraires comme la cascade de la Valla Scarpa attirent les amateurs de nature.
L’impact de l’exploit sur l’alpinisme moderne
Le record de 4h57’40 » signé par Kilian Jornet a agi comme un véritable électrochoc sur l’alpinisme mondial. Cette performance a démontré qu’il était possible de conjuguer vitesse pure et engagement en montagne, ouvrant la voie à une nouvelle génération, tout comme l’ascension historique de l’Annapurna avait marqué son époque, de skieurs-alpinistes. La discipline s’est alors tournée vers des objectifs toujours plus ambitieux, brouillant les frontières entre le trail, le ski-alpinisme et l’alpinisme classique.
Cette philosophie de la performance a directement inspiré des athlètes comme Benjamin Védrines, qui repousse aujourd’hui les limites du genre avec des temps défiant toute logique. Le record de Jornet reste une référence absolue, un « mythe » qui fascine et motive, comme en témoignent les nombreux commentaires et débats passionnés qu’il suscite encore sur les forums spécialisés. Il a, en somme, redéfini l’horizon du possible en haute montagne.
Historique et évolution des records au Mont Blanc
Cette quête de performance n’efface pas les risques inhérents à la haute montagne, comme le rappellent les drames récents, notamment la disparition de guides de Chamonix dans un éboulement à l’aiguille d’Argentière.
Le record de Kilian Jornet ne surgit pas de nulle part : il s’inscrit dans une longue lignée de performances qui n’ont cessé de repousser les limites du possible sur les pentes du toit de l’Europe. Comprendre cette chronologie permet de mesurer l’ampleur de l’exploit de 2013.
Chronologie des records à pied
- 1874 : Frédérick Morshead signe le premier record d’ascension.
- 1990 : Pierre-André Gobet établit un temps de 5h11, un chrono resté gravé 23 ans.
- 2013 : Kilian Jornet fracasse la barre symbolique des 5 heures en 4h57’40 ».
- Depuis 2013 : aucun record à pied n’a été battu sur cet itinéraire précis.
Le passage de témoin entre Gobet et Jornet illustre un saut générationnel. Là où le Suisse avait dû batailler près de 23 ans pour conserver son bien, le Catalan a non seulement effacé ce temps, mais l’a amélioré de 14 minutes. Une marge considérable à ce niveau de performance. La barre des 5h11 semblait pourtant infranchissable, tant elle reposait sur des conditions idéales et une préparation minutieuse.
Chronologie des records à ski
- 2003 : Stéphane Brosse et Pierre Gignoux ouvrent le chrono de référence en 5h15.
- 2013 : Mathéo Jacquemoud descend sous les 5h06 avec son record en ski-alpinisme.
- 2013 : Nicolas Anthonioz réalise une descente éclair en 32 minutes.
- 2026 : Benjamin Védrines et Vivian Equy portent le record à 4h41’24 ».
La comparaison entre les disciplines reste un grand imbroglio dans le monde de l’alpinisme. Avec son temps de 5h06, Mathéo Jacquemoud avait d’ailleurs répondu à Jornet quelques semaines avant son exploit, prouvant que les deux approches se nourrissaient mutuellement. Le record à ski a depuis été porté à 4h41’24 », un temps qui interroge : faut-il comparer les itinéraires, les équipements, les conditions ? Chaque performance écrit sa propre légende, et c’est précisément cette diversité qui rend l’histoire des records au Mont Blanc si riche.
Itinéraire technique et projet Summits of My Life
Le parcours Chamonix-Mont-Blanc par la voie Grands Mulets
Pour battre le record de Pierre-André Gobet (5h11 en 1990), Kilian Jornet a choisi la voie historique des Grands Mulets. Cet itinéraire exigeant part du centre de Chamonix et offre un dénivelé constant jusqu’au sommet du Mont-Blanc (4810 m).
- Départ : église Saint-Michel Chamonix
- Passage : tunnel Mont-Blanc puis Grands Mulets
- Refuge Vallot : dernière étape avant le sommet
- Cotation : 32 km et 3 800 m dénivelé
- Alternatives : Trois-Mont-Blanc et Goûter
La voie des Grands Mulets est réputée pour ses pentes raides et sa glace vive. Elle nécessite une maîtrise parfaite des techniques de glissade, un atout majeur pour Jornet dans sa descente record. Le trajet par le tunnel permet d’éviter les premiers kilomètres de route, gagnant un temps précieux.
Le défi Summits of My Life : contexte de l’exploit
Le projet Summits of My Life est lancé en 2012 avec une ambition claire : gravir les plus hauts sommets du monde dans un temps minimal, en combinant alpinisme et trail. Kilian Jornet y teste ses limites avec un équipement réduit au strict nécessaire, privilégiant la vitesse à la sécurité confortable.
- Lancement : 2012, 8 sommets mythiques
- Équipement : minimal, vitesse avant tout
- Défis 2013 : Elbrouz 5h23, Cervin
- Mont-Blanc : objectif clé du projet
- Film : Déjame Vivir sorti en 2014
Avant le Mont-Blanc, Jornet s’est attaqué à l’Elbrouz (5642 m) et à l’Aconcagua (6959 m), posant les bases d’une méthode unique. Le documentaire Déjame Vivir retrace cette quête, mêlant philosophie du geste et exigence sportive. Ce projet a ouvert la voie à des défis encore plus ambitieux, comme les traversées Alpine Connections (1162 km et 268 heures) et USA 72 sommets (1012 km à pied).
Homologation et éthique : entre FKT et records officiels
Aucune instance officielle n’homologue ces chronos. La performance de Kilian Jornet relève du FKT (Fastest Known Time), un concept à la fois flou et très précis. Le départ et l’arrivée se font à l’église de Chamonix, sans itinéraire imposé, ce qui rend chaque tentative unique.
L’assistance reste autorisée tant qu’elle respecte une certaine éthique, similaire à celle de l’escalade en enchaînement. Le débat sur la comparaison entre les performances à pied et à ski demeure un grand imbroglio, car les conditions de neige et les techniques employées diffèrent radicalement, brouillant les pistes de comparaison.
