Aiguille Noire de Peuterey : Description de la voie et Guide d’Ascension de l’Arête Sud

Aiguille Noire de Peuterey : Description de la voie et Guide d’Ascension de l’Arête Sud

L’aiguille noire de Peuterey se gravit par son arête sud, une classique cotée TD.

  • Départ au refuge Borreli (2316 m) vers la Pointe Gamba.
  • Enchaînement de tours : Pointes Gamba, Welzenbach, Brendel jusqu’à la Bich (3753 m).
  • Voie très équipée avec nombreux pitons et relais sur spits.
  • Descente par la voie normale versant sud-est vers le refuge.
  • Meilleur compromis : corde de 60 m pour fluidifier les rappels de 25 m.

Description détaillée de la voie d’escalade de l’Aiguille Noire

  • Approche refuge Borreli : Le départ s’effectue depuis le refuge Borreli (2316 m), point de départ idéal pour se rendre au pied de la Pointe Gamba.
  • Attaque gauche du couloir cheminée : La voie s’attaque à 20 m à gauche du couloir cheminée, marquant le début réel de l’escalade sur l’arête.
  • Arête sud : tour après tour : L’itinéraire enchaîne les tours successives Col des Chasseurs, Pointe Gamba (3069 m), Pointe Welzenbach (3355 m), Pointe Brendel (3497 m) jusqu’à la Pointe Bich (3753 m) puis le sommet de la Noire de Peuterey (3773 m). Les dalles de la Tête des Chasseurs offrent des voies courtes de 100 à 150 m pour se mettre en jambe.
  • Descente par voie normale : La descente s’effectue par la voie normale, empruntant le versant sud-est pour rejoindre le refuge.
  • Pitons et relais équipés : La voie est bien équipée avec de nombreux pitons et des relais sur spits dans les passages difficiles, ce qui rassure les cordées moins expérimentées.

Cette arête sud est considérée comme une grande escalade rocheuse classique du massif du Mont-Blanc, cotée TD. Son profil en dents de scie impose un engagement constant, mais la qualité du rocher et l’équipement régulier en font une course très prisée. Les rappels limités à 25 m avec une corde de 50 m nécessitent quelques désescalades ; une corde de 60 m constitue le meilleur compromis pour fluidifier la progression. Un petit jeu de coinceurs et friends complète utilement l’équipement fixe pour les sections moins pourvues.

Historique des ascensions et dates clés

Date Voie/Ouvrage Alpinistes
5 août 1877 Versant sud-est Jean-Baptiste Bich, Émile Rey, Lord Wentworth
4 septembre 1878 2e ascension Martino Baretti, Séraphin Henry, Jean-Joseph Maquignaz
1902 Voie normale arête est Ettore Allegra et compagnons
16 mars 1929 1re hivernale H. Hœrlin, Erwin Schneider, H. Schrœder
26-27 août 1930 Arête sud Karl Brendel, Hermann Schaller
2-3 août 1933 2e ascension arête sud Giusto Gervasutti, Piero Zanetti
3-5 septembre 1934 3e ascension arête sud Gabriele Boccalatte, Nini Pietrasanta
4-5 septembre 1934 4e ascension arête sud Lucien Devies, Laurent Grivel
1935 Face ouest Gabriele Boccalatte, Nini Pietrasanta

La première ascension de l’Aiguille Noire de Peuterey remonte au 5 août 1877 par le versant sud-est, avec la cordée emmenée par Jean-Baptiste Bich, Émile Rey et Lord Wentworth. Ce n’est qu’un an plus tard, le 4 septembre 1878, que Martino Baretti, Séraphin Henry et Jean-Joseph Maquignaz réitèrent l’exploit, confirmant la faisabilité de l’itinéraire.

L’ouverture de la voie normale par l’arête est en 1902 par Ettore Allegra offre alors une alternative plus accessible, avant qu’un nouveau cap ne soit franchi avec la première hivernale le 16 mars 1929 par H. Hœrlin, Erwin Schneider et H. Schrœder.

La grande étape reste pourtant l’ouverture de l’arête sud les 26 et 27 août 1930 par Karl Brendel et Hermann Schaller, comparable au sentier du Mont Veyrier pour les randonneurs du lac d’Annecy. Cette voie, qui gravit les tours successives jusqu’à la Pointe Bich (3753 m) et au sommet culminant à 3773 m, s’impose rapidement comme un classique exigeant. Les répétitions s’enchaînent : Giusto Gervasutti et Piero Zanetti réussissent la seconde ascension les 2 et 3 août 1933, suivi des équipes Boccalatte-Pietrasanta puis Devies-Grivel en septembre 1934, à trois jours d’intervalle.

Enfin, en 1935, l’ouverture de la face ouest par Boccalatte et Pietrasanta complète le panorama des grandes voies historiques du massif. Ces cordées pionnières, souvent engagées dans des conditions hivernales ou automnales rudes, ont posé les jalons d’un itinéraire devenu aujourd’hui une référence du répertoire alpin de la vallée de Courmayeur, à l’image des itinéraires de randonnée comme monter la Rhune à pied au Pays Basque.

Matériel nécessaire et équipement conseillé

Corde et rappels

Le choix de la corde conditionne la fluidité de la descente. Une corde de 60 m constitue le meilleur compromis : elle permet de limiter les désescalades délicates lors des rappels. Une corde de 50 m reste utilisable mais impose des rappels limités à 25 m, nécessitant de désescalader des passages délicats entre chaque relais. Les relais sont équipés de spits dans les passages difficiles, mais un équipement de secours reste indispensable.

Prévoyez également une cordelette de rappel de 7 mm et au moins six mousquetons à vis pour les relais. Le terrain alterne entre dalles compactes et éperons fracturés : un casque est impératif, car les chutes de pierres restent fréquentes en été, surtout derrière une cordée.

Coinceurs et friends

  • Petit jeu de coinceurs nécessaire pour les fissures fines
  • Friends de tailles variées du 0,3 au 2,5
  • Spits présents aux relais dans les passages clés
  • Désescalade parfois nécessaire entre les rappels

Les pitons de dégagement (trois à cinq) et un marteau léger complètent utilement l’équipement pour parer toute éventualité. Enfin, privilégiez des chaussons techniques confortables : l’arête sud se parcourt sur de longues sections en dalle, où le confort du pied fait la différence sur les 400 mètres de dénivelé de la voie.

Points de passage et étapes clés de l’itinéraire

  • Refuge Borreli (2316 m) : point de départ de l’approche, au pied de la Pointe Gamba.
  • Tête des Chasseurs (2802 m) : premières dalles et voies courtes de 100 à 150 m.
  • Pointe Gamba (3069 m) : tour majeure marquant l’entrée dans la grande escalade.
  • Pointe Welzenbach (3355 m) : tour intermédiaire, passage obligé de l’arête sud.
  • Pointe Brendel (3497 m) : tour majeure, point clé de l’itinéraire.
  • Pointe Bich (3753 m) : avant-sommet, dernier palier avant le sommet final.
  • Sommet de la Noire (3773 m) : point culminant, au sommet de la Pointe Bich.

L’ascension de l’arête sud se déroule comme un long fil d’arête rocheuse ponctué de tours successives. Depuis le refuge Borreli (2316 m), l’approche rejoint le pied de la voie à la Pointe Gamba (2675 m). L’attaque se fait par une vingtaine de mètres à gauche du couloir-cheminée, sur un terrain exposé mais bien équipé.

La première partie mène à la Tête des Chasseurs (2802 m), secteur de dalles où se concentrent des voies courtes de 100 à 150 m. On franchit ensuite la Pointe Gamba (3069 m), premier sommet significatif, puis la Pointe Welzenbach (3355 m) et la Pointe Brendel (3497 m), véritables tours qui rythment l’itinéraire.

La suite de l’arête mène à la Pointe Bich (3753 m), avant-sommet qui précède immédiatement le sommet de la Noire de Peuterey (3773 m). Le dénivelé total depuis le refuge avoisine 1450 m, avec un engagement soutenu tout au long du parcours.

Itinéraires alternatifs et voies complémentaires

L’Aiguille Noire de Peuterey ne se résume pas à sa seule arête sud. La voie normale par l’arête est, ouverte en 1902 par Ettore Allegra, Mussillon et Brocherel, offre une alternative logique et plus accessible pour la descente ou pour une première approche du massif. Son terrain rocheux, bien que soutenu, reste plus facile à appréhender que les grandes tours de l’arête sud.

Le versant sud-est emprunte quant à lui le célèbre couloir Rey, l’itinéraire historique emprunté lors de la première ascension du 5 août 1877. Cette voie, qui mène directement à la Pointe Gamba (3069 m), constitue un它inéraire d’accès rapide mais exige une bonne connaissance de la montagne, notamment pour le repérage des passages dans les dalles.

Enfin, la face ouest, ouverte en 1935 par Gabriele Boccalatte et Nini Pietrasanta, représente l’option la plus engagée. Cette paroi, logiquement plus technique que l’arête, s’adresse aux alpinistes chevronnés recherchant une escalade soutenue et un engagement certain dans un décor grandiose.


Aiguille Noire de Peuterey : Guide de l’arête sud

Auteur/autrice

  • J'adore voyagé et tout particulièrement montagne, été comme hiver.