Traversée des Aiguilles du Diable : itinéraire, historique et conseils
La traversée relie cinq sommets entre 4 064 m et 4 114 m sur une arête technique.
- Accès classique : téléphérique Aiguille du Midi, premier départ 6h30 en été.
- Corde de 60 m suffisante pour les rappels, hauteur maximale 30 m.
- Sommet culminant : pointe Isolée (Blanchet) à 4 114 m, première ascension 1925.
- Rocher granitique souvent verglassé, exigeant concentration permanente.
- Alternative italienne : téléphérique Skyway Monte Bianco avec approche plus longue.
Itinéraire, approche et points de passage
Approche et accès
- Téléphérique Aiguille du Midi : 04 50 53 22 75
- Premier départ : 6h30 en été
- Téléphérique Skyway Monte Bianco : +39 01 6589 196
- Accès depuis la gare : rejoindre le col du Midi, puis l’arête sommitale
L’ascension débute classiquement par le téléphérique de l’Aiguille du Midi, dont le premier départ s’effectue à 6h30 en été. Depuis la gare sommitale, il faut longer l’arête qui mène au col du Midi avant de poser les pieds sur le glacier. Pour les alpinistes venant d’Italie, le téléphérique Skyway Monte Bianco offre une alternative envisageable, mais nécessite une approche plus longue.
Le choix de l’accès conditionne l’organisation de la journée. Un départ matinal depuis Chamonix est recommandé pour profiter de conditions de neige optimales sur le glacier.
Description détaillée de l’itinéraire
La traversée intégrale se déroule sur une arête sommitale très découpée, exposée et technique. Les passages se succèdent sur rocher granitique de bonne qualité, souvent verglassé selon les conditions, comme dans les parcours de la via ferrata d’Asco en Corse. Le parcours enchaîne les ressauts et les gendarmes, avec quelques sections délicates à négocier. Une corde de 60 m est suffisante pour l’ensemble des rappels, dont la hauteur maximale ne dépasse jamais 30 m.
La difficulté principale réside moins dans la cotation individuelle des passages que dans l’enchaînement global. L’effort est soutenu, la concentration permanente, et l’engagement réel, comparable à la montée de la Rhune qui demande environ trois heures d’effort continu. Pour les alpinistes préparés, l’ascension des pointes comprises entre 4 064 m et 4 114 m offre des sensations exceptionnelles dans un cadre minéral saisissant.
Les points de passage et sommets
| Sommet | Altitude | Première ascension |
|---|---|---|
| Isolée (pointe Blanchet) | 4 114 m | 8 juillet 1925 |
| Pointe Carmen | 4 109 m | 13 août 1923 |
| Pointe Médiane | 4 097 m | |
| Pointe Chaubert | 4 074 m | |
| Corne du Diable | 4 064 m |
L’itinéraire complet relie ces cinq sommets principaux qui forment la crête diabolique. Certaines pointes peuvent être omises ou ajoutées en variante, mais la traversée intégrale reste la référence. L’ascension de la Corne du Diable ou de l’Isolée est facultative selon l’option choisie, chaque sommet apportant sa propre difficulté et son caractère.
Historique et premières réalisations
| Date | Événement | Alpinistes |
|---|---|---|
| 13 août 1923 | Première ascension de la pointe Carmen (4 109 m) | Bregeault, Chevalier, Lépiney |
| 8 juillet 1925 | Première ascension de l’Isolée (4 114 m) | Charlet, Ravanel |
| 4 août 1928 | Première traversée intégrale des Aiguilles du Diable | Cachat, Charlet, O’Brien, Underhill |
L’histoire de la traversée des Aiguilles du Diable commence bien avant la première intégrale. Les sommets ont d’abord été conquis un à un, chacun représentant un défi technique majeur pour l’époque. La pointe Carmen, deuxième sommet le plus élevé du chaînon avec ses 4 109 m, a ouvert la voie en 1923. Il a fallu attendre deux ans supplémentaires pour voir la première ascension de l’Isolée, également nommée pointe Blanchet, point culminant de l’arête à 4 114 m.
Le parcours intégral, tel qu’il se pratique aujourd’hui, a été imaginé par Armand Charlet, figure emblématique de l’alpinisme chamoniard. Sa vision était de relier les cinq aiguilles dans une seule course d’arête, sans redescendre entre chaque sommet. Cette ambition s’est concrétisée le 4 août 1928 avec la première traversée complète, réalisée en compagnie de Cachat, O’Brien et Underhill.
Ce qui frappe dans cet historique, c’est la progression logique des tentatives : chaque sommet a d’abord été gravi séparément avant que la liaison complète ne soit envisagée. Cette démarche reflète l’évolution des techniques d’escalade de l’époque, où les alpinistes apprenaient progressivement à enchaîner les difficultés sur des terrains de plus en plus exposés, à l’image de la John Muir Trail qui enchaîne les sommets de la Sierra Nevada. Les premières ascensions de la Corne du Diable (4 064 m), de la pointe Médiane (4 097 m) et de la pointe Chaubert (4 074 m) s’inscrivent dans cette même dynamique, préparant le terrain pour la traversée mythique de 1928.
Descente et équipement
Matériel pour la descente
La descente des Aiguilles du Diable s’effectue principalement en rappel. Une corde de 60 mètres est suffisante pour l’ensemble du parcours, les rappels ne dépassant pas 30 mètres. Pour gérer ces rappels en toute sécurité, prévoyez :
- Coinceurs : pour les relais sur rocher
- Câblés et sangles : pour les points de rappel
- Matériel neige/glace : indispensable pour l’approche et le retour
- Corde de 60 mètres : longueur idéale pour tous les rappels
Après l’effort, la récupération est essentielle : les alpinistes de passage à La Bastide-Puylaurent, sur le chemin de Stevenson, trouvent des gîtes d’étape accueillants pour reprendre des forces avant de poursuivre leur route.
Recommandations pour la descente
La descente exige la même rigueur que la montée. Les rappels s’enchaînent sur les faces nord et ouest, souvent en terrain mixte où la roche alterne avec des zones de neige résiduelle. Vérifiez systématiquement la solidité des points de relais, souvent constitués de broches scellées ou de coinceurs à poser.
Le retour vers le téléphérique s’effectue par l’arête sud et le glacier. Prévoyez piolet et crampons dès l’approche : le glacier du Géant se franchit tôt le matin, lorsque la neige est encore portante. La remontée du couloir final vers l’Aiguille du Midi peut s’avérer longue dans la journée, la neige ramollie rendant la marche plus pénible.
Organisez votre journée en fonction du premier départ du téléphérique, fixé à 6h30 en été. Une descente bien anticipée vous permettra de profiter des dernières courses sans précipitation ni bivouac forcé en altitude.
Conseils pratiques pour réussir son ascension
La réussite de cette traversée exige une préparation physique sérieuse et une parfaite acclimatation à l’altitude. Partez tôt : le premier départ du téléphérique s’effectue à 6h30 en été, un horaire à respecter pour évoluer sur un rocher sec et éviter les orages de l’après-midi.
Si l’ascension de la Corne du Diable (4 064 m) reste facultative, elle conditionne néanmoins le rythme de la journée. Gérez votre effort sur les cinq pointes et gardez des forces pour la descente, souvent longue depuis le col du Mont-Blanc du Tacul. Une corde de 60 mètres suffit pour l’ensemble des rappels, dont la hauteur maximale atteint 30 mètres.
Enfin, ne négligez pas l’aspect logistique. Vérifiez les horaires du dernier téléphérique et réservez votre créneau si nécessaire. Un guidage par un professionnel reste recommandé pour sécuriser la navigation dans ce labyrinthe minéral, notamment si vous découvrez l’itinéraire.
La voie : les choix d’ascension
Le parcours intégral des Aiguilles du Diable, imaginé par Armand Charlet, relie les cinq pointes en une seule traversée exigeante. L’ascension de la Corne du Diable (4 064 m) et de l’Isolée (4 114 m) reste toutefois facultative : ces deux détours techniques allongent considérablement le cursus et peuvent être contournés pour préserver l’énergie.
Les alpinistes cherchant un engagement modéré se limitent souvent aux trois pointes centrales Carmen, Médiane et Chaubert avant de rejoindre l’arête sommitaledu mont Blanc du Tacul. Ce choix réduit la difficulté globale tout en conservant l’esprit de l’itinéraire historique, dont la première traversée complète fut réussie le 4 août 1928 par Cachat, Charlet, O’Brien et Underhill.
Chaque variante implique une lecture attentive des conditions de glace et de rocher. Le niveau technique requis reste élevé, mais l’option partielle facilite la gestion du temps et du matériel pour ceux qui découvrent l’enchaînement.
